Participation

J’ai été invitée à participer à la prochaine exposition collective en métiers d’art «Linen Diaspora» de la Biennale internationale du Lin de Portneuf. Cette exposition qui regroupe 12 artisans du Québec, du Canada et d’Irlande sera présentée du 25 juin au 2 octobre 2011 au moulin de la Chevrotière, Deschambault-Grondines.

J’y présente ma dernière tapisserie «Variations sur un regard» qui témoigne du questionnement émergeant de mon côtoiement avec la culture marocaine. Pour moi, s’éveiller à une culture étrangère c’est prendre conscience de ma propre culture qui filtre et teinte mon regard. C’est vouloir percer ce voile afin de saisir toutes les nuances qui caractérisent cette nouvelle réalité que je découvre. C’est à travers le geste, en affinité avec la matière et le rythme du temps que je vais à sa rencontre, que je m’enrichie des rencontres et des échanges.

Vernissage, le samedi 25 juin à 14h.

Toujours émouvant

Vendredi soir, en compagnie de mes amis, j’ai coupé ma nouvelle tapisserie. C’est toujours un moment émouvant. Après des mois de travail, j’ai pu enfin dérouler la pièce et la voir dans son intégralité. Le temps de faire la finition de cette nouvelle pièce et de peaufiner le prochain carton et je remonte le métier.

La mémoire du geste

À la recherche d’un moyen de transposer une ligne fluide et fine dans le tissage de ma nouvelle tapisserie, j’ai exploré diverses techniques, entre autres, celles du driadi et du driadi inversé, mais ce n’était toujours pas l’effet recherché.

Voilà que je renoue avec une technique que j’utilisais dans les années 80 pour la série de tapisseries qui avait pour thème l’arbre. Celle-ci consiste à intégrer au tissage de la tapisserie le tissage aux doigts. Cette technique traditionnelle est utilisée au Québec pour le tissage des ceintures fléchées.
En utilisant un nombre de fils réduit, j’obtiens une ligne qui n’a pas de relief comme dans mes anciennes pièces, mais une ligne fluide et continue qui coure à la surface de la tapisserie. J’ai retrouvé sans peine le geste. Je souris de me voir à nouveau tisser aux doigts et joindre les fils au tissage de la tapisserie comme si je n’avais jamais cessé de le faire.

Un bond dans le temps pour aller plus loin et ailleurs!!!

Retour aux sources

Au Québec, la pratique de la tapisserie haute lisse est relativement récente, elle ne fait pas partie de nos traditions. Mes connaissances de la tapisserie ont trait principalement aux pratiques occidentales. Mes bases techniques ont pour assises l’approche et la facture des Gobelins de Paris qui est essentiellement masculine.

Au fil de mes lectures sur le travail des femmes berbères, je découvre une symbolique, des rituels et une sensibilité se rattachant au tissage sur métier vertical qui sont bien plus anciens et qui appartiennent aux femmes. Cette découverte fait écho aux rapports sensible et intuitif que j’ai toujours eu envers cette forme d’expression, mon attachement aux gestes et mon rapport à la fibre. Des liens se font, malgré les contextes sociaux et culturels complètement différents, entre ma partique et le sens que j’accorde au travail lent de la lisse et l’oeuvre des femmes berbères.

Ce qui m’interpelle encore plus profondément c’est la découverte qu’intuitivement j’ai questionné et abordé de nombreuses symboliques anciennes sans en connaitre l’origine.

Je me conforte à savoir que le sens, le temps et les gestes inhérents au travail de la lisse fait par les femmes transcendent le temps et les cultures.

Mes «Mots» à l’exposition Bleu

Ayant toujours créé et réalisé des tapisseries de grands formats, je me suis lancée dans la production de la série «Mots» avec beaucoup de plaisir. Par contre, je me questionnais sur l’accueil qui leur serait réservé. Les commentaires et la vente de la majorité de celles-ci, lors du vernissage de l’exposition Bleu à la Galerie Diagonale, m’a confortée. Je crois bien poursuivre l’exploration de la miniature et développer d’autres thématiques qui s’accordent avec cette forme d’expression… sans délaisser le grand format.