Nouvelle tapisserie

Carton de la tapisserie




Mélanges sur broches
Début du tissage

Depuis plus d’un mois, je tisse activement une nouvelle tapisserie. Sa palette de couleurs est très complexe. De nombreux mélanges de fils sont requis pour arriver à exprimer toutes les nuances. Cette tapisserie aborde le lien entre le Maroc et le Québec, les deux lieux où je partage mon temps de travail, les deux pays que j’affectionne. En quelque sorte mes deux maisons.

Entrevue sur ma tapisserie «Variations sur un regard»

Dans une entrevue, disponible en ligne sur le site de la Biennale internationale du lin de Portneuf, je relate le contexte et les réflexions qui ont nourri ma démarche pour la création de la tapisserie «Variations sur un regard».
Sur le site, vous pouvez voir également des photographies de cette pièce dans le diaporama de l’exposition Linen Diaspora 2011 sous l’onglet «Exposition» et dans la vidéo  »De Fil en images » qui donne un aperçu des oeuvres présentées à l’occasion des diverses éditions de la Biennale.

JAUNE Jalousie

Les 2 et 3 décembre prochains ma dernière miniature « Jalousie », retenue par le jury de sélection sera exposée à la Galerie du centre Diagonale à Montréal dans le cadre de l’exposition collective JAUNE.


J’ai choisi d’aborder une des symboliques de la couleur jaune soit la jalousie qui est nourrie par des pensées et des sentiments négatifs d’insécurité, de peur et d’anxiété. L’érosion que provoque cette émotion est tangible dans ma pièce qui également souligne les tentatives de reconstruction vives et souffrantes.

Toutes les œuvres seront mises en vente à partir de 100$. L’encan sera tenu le 3 décembre de 12h à 15h. Chaque don sera majoré du triple par le programme Placements Culture du Conseil des arts et des lettres du Québec et investi dans un fonds de dotation pour assurer l’avenir du centre.

Une passion partagée avec les tisseuses du Maroc

Durant les semaines passées au Maroc cette année, j’ai visité plusieurs ateliers et coopératives de tissage des tapis urbains à Casa et à Salé et des coopératives d’artisanes du tapis rural et de hanbels (tapis tissés ruraux) dans le Moyen Atlas. J’ai été séduite par les motifs et les couleurs qui traduisent l’imaginaire des femmes berbères. Issues de cultures très différentes et vivant dans des contextes forts différents, elles et moi partageons le même besoin de cet espace intime, ce moment de solitude devant le métier où ce geste immuable nous situe dans la continuité, dans le fil du temps. Les heures passées au métier, presque immobiles à répéter le même geste, à garder notre attention sur le même objet, nous offre une pause pour s’abandonner au rêve. Il me tarde de monter à nouveau mon métier. Tisser est en quelque sorte mon ancrage dans la vie. En exécutant ce geste, je me retrouve, car dans la vie, je me perds. Ce geste me permet de me recentrer.

La mémoire du geste

À la recherche d’un moyen de transposer une ligne fluide et fine dans le tissage de ma nouvelle tapisserie, j’ai exploré diverses techniques, entre autres, celles du driadi et du driadi inversé, mais ce n’était toujours pas l’effet recherché.

Voilà que je renoue avec une technique que j’utilisais dans les années 80 pour la série de tapisseries qui avait pour thème l’arbre. Celle-ci consiste à intégrer au tissage de la tapisserie le tissage aux doigts. Cette technique traditionnelle est utilisée au Québec pour le tissage des ceintures fléchées.
En utilisant un nombre de fils réduit, j’obtiens une ligne qui n’a pas de relief comme dans mes anciennes pièces, mais une ligne fluide et continue qui coure à la surface de la tapisserie. J’ai retrouvé sans peine le geste. Je souris de me voir à nouveau tisser aux doigts et joindre les fils au tissage de la tapisserie comme si je n’avais jamais cessé de le faire.

Un bond dans le temps pour aller plus loin et ailleurs!!!